Nicole Périlliat et Patrick Jankielewicz, conciliateurs de justice à Lambersart, consacrent du temps à régler les différends qui pourrissent notre quotidien
Un voisin bruyant, une haie envahissante, un litige avec un artisan ou un petit garagiste, une dette, un dépôt de garantie qui tarde à être rendu... Pour débloquer toutes ces situations qui peuvent aller jusqu’à nous empêcher de dormir, l’assistance du conciliateur de justice est précieuse.
C’est un moyen simple, rapide et gratuit pour tenter de résoudre un problème, et éviter de saisir les tribunaux, ce qui enclenche une procédure complexe, longue et parfois coûteuse.
Équilibre et équité
La conciliation repose sur la bonne volonté des uns et des autres afin de trouver un accord satisfaisant et équitable. « Nous sommes là pour aider les gens à trouver une solution à leur problème » souligne Patrick Jankielewicz, ancien rédacteur en chef de La Voix du Nord, qui a pris sa fonction de conciliateur à Lambersart début septembre. Il prend le relais de Claude Vanhove, arrivé en 2009, et forme un duo avec Nicole Périlliat, ancienne chirurgien-dentiste, arrivée quant à elle en 2018.
Deux conciliateurs, titulaires de diplômes en droit, à Lambersart, ce n’est pas de trop ! « Ici, c’est surtout les arbres » débute la conciliatrice. En général, chacun doit faire un pas et un bon arbitrage, « c’est quand des gens fâchés se quittent en se serrant la main » poursuit-elle. Ce ne sont pas les conciliateurs qui trouvent les solutions, « on ne juge pas, on suggère » précise Patrick Jankielewicz. Les conciliateurs ont le souci d’équilibre et d’équité.
Bénévoles et à l’écoute
Comment naissent les conflits de voisinages? Souvent c’est une goutte d’eau qui vient contrarier de vivre ensemble. « Parfois les voisins se sont bien entendus pendant des années » et patatras pour un muret ou une haie. « Pris à la base, un différend peut être réglé rapidement » indique Nicole, « mais si vous laissez couver, ça se résout plus difficilement » poursuit Patrick. La moitié des conflits ne sont certes pas réglés par la conciliation puisque 40 % des défendeurs ne viennent pas. Mais, « le fait que le conciliateur soit assermenté, que les entretiens se déroulent dans le bureau, très solennel, de la mairie, aide beaucoup ». Nicole souligne aussi l’importance « d’être à l’écoute et d’être accessible. Les gens ont beaucoup de souffrance en eux, ils ont besoin de parler ». Les conciliateurs pourraient écrire un livre sur les conflits, parfois invraisemblables « pour 25 ou 50 € ». Pourquoi s’enquiquiner à régler les problèmes des autres deux jours par semaine ? Bénévoles, nos deux conciliateurs expliquent : « Nous aimons être utiles, nous aimons rendre service ».
Pour prendre rendez-vous, appelez la mairie au 03 20 08 44 44
Le conciliateur de justice
Nommé par la Cour d’Appel, le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice assermenté et bénévole, qui présente toutes les garanties d’impartialité, deconfidentialitéetdecompétence. Il ne rend pas la justice, ne dit pas le droit même s’il doit en avoir l’expérience. Il intervient à la demande d’un particulier, d’une société ou du juge d’instance ou de proximité afin de trouver un accord amiable par le dialogue et la concertation. Pour cela, il réunit les parties. Le compromis peut donner lieu à la rédaction d’un constat d’accord qui engage les deux parties et est envoyé au tribunal d’instance. En cas de difficulté d’exécution, on peut requérir le juge d’instance. Si aucune solution n’est trouvée, le conciliateur de justice oriente vers l’avocat ou vers le tribunal compétent.