Comment analysez-vous les résultats des dernières municipales ?
Les résultats montrent que Lambersart n’est pas homogène et que certains quartiers ne se sentent pas ou peu écoutés
et sont inquiets. C’est à nous de mieux expliquer, de mieux rassurer, de mieux faire, tout simplement. La construction
de logements génère des inquiétudes et des rejets. Nous avons beau expliquer qu’un promoteur immobilier propriétaire d’un terrain a le droit de faire ce qu’il veut tant qu’il respecte les règles d’urbanisme, certains candidats ont laissé penser qu’un maire pouvait s’y opposer, ce qui est un mensonge ! Pire : si vous vous opposez, vous aurez des frais de justice et serez condamné à payer des pénalités de retard. Chaque année, des dizaines de villes sont sanctionnées par les tribunaux administratifs... Ce sera à nous d’expliquer et de réexpliquer.
Je remarque également que nous sommes la seule ville de 25 000 habitants où une liste citoyenne l’a emporté : partout ailleurs, ce sont des partis politiques. De même, nous sommes la seule liste d’une ville de cette taille à ne pas avoir fait campagne sur les réseaux sociaux, laissant ainsi aux autres candidats la possibilité d’occuper le terrain, sans que nous puissions répondre. Malgré ces handicaps que nous nous sommes imposés, nous faisons 43,8 % des voix : c’est satisfaisant. De nombreux électeurs se reconnaissent dans notre éthique.
Est-ce que la gouvernance de la municipalité va changer ?
Il faut rester humble, mais, en matière de gouvernance et de participation, peu de villes ont aussi bien fait que nous. Je reste persuadé que la délégation et la confiance accordée aux élus sont indispensables pour faire avancer les projets. Si tout passe par le maire, cela devient, selon moi, plus bloquant que constructif. Nous continuerons à consulter les habitants au même rythme, car la concertation et l’intelligence collective font systématiquement avancer les projets. De la même manière, nous travaillerons au sein du conseil municipal de façon ouverte et dans un esprit de bonne foi. Les oppositions auront les mêmes droits que lors du mandat précédent, à savoir des tribunes, des indemnités et la présidence de la commission des finances.
Vous avez beaucoup de projets pour le mandat à venir : avez-vous les capacités financières pour les mettre en oeuvre ?
Les projets ne viennent pas de Nicolas Bouche, ils sont exclusivement issus de la réflexion que nous avons menée depuis plus d’un an avec une soixantaine de Lambersartois, qui ont travaillé sur la ville à horizon 2032. N’ont été retenus dans le programme que les sujets financièrement soutenables. Ayant amélioré notre capacité d’autofinancement de 600 000 € en 2020 à 4,5 millions actuellement, il est permis de penser que nos projets — piscine, parc, auditorium, cinéma, etc. — sont finançables.
Tout est prévu, dans la situation actuelle, avec 32 millions d’euros d’investissements sur six ans, contre 21 millions lors du précédent mandat, tout en continuant à nous désendetter, pour passer de 10 millions de dette cette année à 4 millions en 2032. Donc sans emprunt, sauf en cas de gros coup dur ou de baisse de dotations, auxquels cas nous aurons la capacité de nous adapter.
Avez-vous un calendrier ?
On commence dès demain, et sur tous les fronts à la fois, car nous connaissons le temps nécessaire aux études et les délais administratifs. Nous n’attendons pas pour lancer nos 32 projets ! Prenons l’exemple de la piscine : le projet sera lancé rapidement afin de voir le jour dans six ou sept ans. En revanche, l’auditorium et le cinéma peuvent émerger plus rapidement, tout comme les triporteurs pour les personnes âgées. Il y a des projets du quotidien et des projets à plus long terme. Quant au nouveau parc, près du skate-park, il fera l’objet d’une démarche de démocratie participative afin de décider ensemble de son aménagement : présence de jeux, espace pour les chiens, etc., et plus généralement la manière de le faire vivre.
La sécurité est, une nouvelle fois, une préoccupation des Lambersartois : comment allez-vous en tenir compte ?
C’est une préoccupation nationale. Regardez Nice : le maire y a installé plus de 5000 caméras, et recruté plus de 550 agents. Et pourtant le maire a été battu. S’il y a bien un élu qui a fait ce qu’attendait sa population en matière de sécurité, c’est bien lui. Interrogez les Niçois : ils continueront à évoquer un sentiment d’insécurité et à clamer que la ville est dangereuse.
Ce que je veux dire, c’est que les maires n’en feront jamais assez, car ce sentiment d’insécurité, attisé par les réseaux
sociaux ou certaines chaînes d’information en continu, ne disparaîtra pas. Nous ne sommes pas dogmatiques, mais rationnels. Ainsi, nous ne rallumerons pas l’éclairage public entre 1 h et 5 h du matin.
Cependant, s’il existait à l’avenir des améliorations techniques, nous les adopterions. En revanche, nous croyons à la présence policière dans la rue et maintenons l’objectif de 20 policiers municipaux. Nous sommes également engagés dans le Centre de Supervision Urbain métropolitain, pour lequel nos caméras sont adaptées. Des caméras observées en direct peuvent, dans certains cas, aider les forces de l’ordre.
Sur le terrain de la démocratie participative, continuerez-vous à consulter les Lambersartois ?
Nous avons mené 330 réunions lors du précédent mandat : nous continuerons. Nous devons toutefois nous améliorer
sur la consultation via Internet, ce que l’on pourrait appeler la concertation 2.0, pour toucher davantage de Lambersartois. Dans le même esprit, concernant les projets immobiliers, nous continuerons à imposer aux promoteurs des concertations systématiques.
Concernant la transition écologique, au-delà du nouveau parc, que prévoyez-vous ?
Nous continuerons à favoriser les différents modes de mobilité, à planter des arbres et de la verdure en ville et à déployer des panneaux photovoltaïques afin de décarboner la commune et de réduire la consommation énergétique,
notamment en poursuivant l’isolation thermique des bâtiments municipaux. Le nouveau parc, sur le site Bonte, accessible par le chemin de Lompret, sera également relié à la voie verte longeant la voie SNCF.
Quel développement pour l’action sociale ?
Aujourd’hui, dans une société hyperconnectée, beaucoup de démarches se font en ligne, et trop de personnes en sont éloignées. De ce fait, beaucoup ne bénéficient pas des droits auxquels elles sont éligibles. Nous voulons éviter que certains restent sur le quai. Nous avons également pour projet de renforcer le lien social en organisant des repas intergénérationnels. D’une manière générale, les animations ne manquent pas, et il n’y a jamais eu autant d’associations à Lambersart.
Beaucoup d’aménagements dépendent de la MEL : comment envisagez-vous vos relations avec elle ?
Nos relations avec la MEL ont toujours été bonnes. Par exemple, en matière de voirie, sur le mandat précédent, nous avons obtenu 7,8 millions d’euros, soit autant, sinon plus, que des villes de taille comparable. Il en va de même pour les subventions de nos projets. Les financements de la MEL sont encadrés par la loi, et non attribués arbitrairement — heureusement. Tout est réglementé : à ce titre, nous entretenons d’excellents rapports avec les instances, où nous sommes écoutés et entendus.
Enfin, quelle vision pour Lambersart à l’horizon 2032 ?
Continuer à transformer Lambersart pour que chacun puisse y circuler, y vivre et s’y épanouir le plus facilement possible, en tenant compte des évolutions sociétales et climatiques. La population vieillira, la natalité diminue, et le réchauffement climatique s’accentuera : ce sont les enjeux de demain. Il faut savoir anticiper. En tant que maire, je peux agir, je peux améliorer concrètement la vie des habitants. Prenons à nouveau l’exemple de la piscine : nous savons qu’elle arrivera en fin de vie, et c’est pourquoi nous lançons ce projet aujourd’hui, car nous en avons désormais les moyens, contrairement à 2020. C’est un projet prioritaire, car nos enfants doivent apprendre à nager. Mais il faut aussi préserver la capacité financière de la commune pour les Lambersartois de 2026, 2032, 2042…